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Une petite histoire du Blues 03 - James Booker

 
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Wam


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MessagePosté le: Dim 25 Oct - 10:33 (2009)    Sujet du message: Une petite histoire du Blues 03 - James Booker Répondre en citant

Une petite histoire du Blues    

    
Episode 3
    

    
James Booker    


  

    


James Caroll Booker III , JC pour les intimes, est né le 17 décembre 1939 à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane.
 
Son père était un danseur occasionnel et venait de Bryan, au Texas. En devenant prêtre Baptiste, il décida de changer de travail, de vie et parti s'installer à La Nouvelle Orléans. Sa mère vécu dans le Mississippi, elle était membre  du " Baptist church Gospel choir". Avec une influence religieuse pareille, il n'est pas étonnant que le petit James ait voulu devenir prêtre…
 
James, sa sœur et ses parents partiront vivre à Bay St-Louis, dans le Mississippi.
 
A six ans, il commença à apprendre piano. Déjà à cet âge, ses talents étaient visibles, ce qui lui a valu d'être considéré comme un enfant prodige. Il est capable de reproduire à l'oreille les morceaux des plus grands pianistes de la musique classique. On lui prêtera plus tard le surnom de "Spider on the Key" pour sa rapidité et sa dextérité.
 
A l'âge de dix ans, il demande à sa mère de lui acheter une trompette et celle-ci lui achètera un… saxophone.  Cela n'a pas dérangé le jeune James; il était capable d'apprendre par lui-même le maniement de l'instrument.
 
La même année, il a été heurté par une ambulance roulant à vive allure. Il a été traîné sur plusieurs mètres et en est sorti avec une jambe mutilée. Il en garderait des séquelles toute sa vie: il boite et, pire, on lui a administré de la morphine pour stopper la douleur. Ce fut là une première expérience avec la drogue, drogue qui allait le hanter toute sa vie durant…
 
Après le décès de son père, en 1953, il retourna vivre à la Nouvelle Orléans avec sa mère et sa sœur.
 
Repris à la "Xavier Preparatory School", il fait ses classes avec Allen Toussaint and Art Neville.  James était un élève très intelligent, doué pour les mathématiques, l'Espagnol et, bien entendu, la musique. C'est à cette époque qu'il monte son premier groupe: "Booker Boy and the Rhythmaires".
 
Pendant ce temps, le dimanche après midi, sa sœur chantait du Gospel sur les ondes de la radio WMRY. James a commencé à fréquenter les studios quand sa sœur passait en direct. Les directeurs de la station ont vite compris qu'il pourrait jouer du piano. James a alors interprété régulièrement des morceaux de jazz et de blues qui étaient diffusés le samedi. Il était impressionnant de le voir jouer des compositions de Bach, de Rachmaninoff. Finalement, c'est tout son groupe qui viendra jouer.
 
Ces prestations radiophoniques ont attiré l'attention du producteur de "Imperial Records". Il a auditionné le groupe et ils ont enregistré leur premier single "Doin' the Hambone". A quatorze ans, donc, il était le plus jeune artiste du label.
 


     

Ce titre n'a pas eu un grand succès mais Dave Bartholomew a senti le potentiel immense de JC, en particulier avec sa capacité de jouer dans les styles de plusieurs artistes populaires de l'époque. Une des plus grosses star du label était Fat Domino, qui était fort demandé pour se produire en live. Dave a décidé de faire enregistrer les parties de piano de Fat Domino par James pour que la star n'ait plus qu'à se concentrer sur les parties vocales.
 
Le talent de Booker a été également repéré par Paul Gayten, du label "Chess Records". Ce dernier l'a donc contacté avec Neville pour une session d'enregistrement. Ils auraient dû prendre le nom de "Arthur and Booker" mais Neville ne pouvant être présent, il fut remplacé par Arthur Booker (sans relation avec James). Le single "Heavenly Angel" n'eut pas plus de succès que "Doin' the Hambone".
 
Durant les années qui suivirent, Booker a travaillé avec plusieurs groupes de la région. A l'opposé de Fat Domino qui était constamment sur la route, Huey "Piano" Smith n'appréciait pas de partir en tournée trop souvent. Comme James avait un don pour s'adapter et s'approprier le style des autres, il est parti en tournée a travers le Sud en se faisant passer pour Huey Smith. Il est aussi parti plusieurs fois avec Earl Kink, Shirley & lee et Joe Tex.
 
C'est via ce dernier qu'il a été présenté avec Johnny Vincent, producteur du label "Ace Records" avec qui il a signé un contrat de trois ans. Malheureusement cette association n'a pas fait long feu. Après deux titres qui n'ont pas eu de succès, "Teenage Rock" et "Open The Door", et un troisième dont la voix de Booker avait été remplacée, à son insu, par celle de Joe Tex, il quitta le label. Désabusé, il décide de quitter la Nouvelle Orléans et va s'inscrire à l'université de Bâton-Rouge. Nous sommes en 1960.
 
Durant cette période, son addiction aux drogues dures commence à faire son effet. Booker recommence à jouer pour payer sa consommation.  A Houston, il a travaillé pour Don Robey, du label Duke/Peacock. Là, il enregistre "Gonzo", un instrumental à l'orgue repris pour le film "the Pusher". Ce titre s'installera dans les charts pendant onze semaines, se hissant même jusqu'en quarante-troisième position. Malgré cela, ce single n'a pas permis à l'artiste d'avoir une carrière solo à succès.
 
Durant les dernières années de cette décennie, il a accompagné quelques artistes plus ou moins connus tant en concert qu'en studio. Parmi ces artistes on peut citer Little Richard, Bobby Bland, Junior Parker, Lloyd Price, Wilson Pickett and B.B. King. Il est allé jusque New-York où il a enregistré pour le label Atlantic Records avec Jerry Wexler. Il a travaillé avec King Curtis et Aretha Franklin. Wexler a aussi enregistré des morceaux en solo de Booker  mais ces prises n'ont jamais abouti…
 
A la fin des années 60, James Booker a travaillé avec son ami de longue date, Mac Rebennack plus connu sous le nom de Dr. John. Ils se sont connus dans les années 50 dans les studios Cosimo Matassa's, à la Nouvelle Orléans, à l'époque de Dave Bartholomew.
 


    

Sur scène, Booker devient de plus en plus excentrique: perruques, capes bandeau sur l'œil voire même un œil de verre. Justement, à propos de son œil, les histoires divergent.  Certains prétendent que ça serait dû à la drogue, Dr. John parle, lui, d'un passage à tabac par des producteurs que Booker aurait escroqué. Finalement personne à part lui ne saura ce qu'il s'est réellement passé. Booker, non sans humour, disait: "Si je perdais l'autre œil, je pourrais pouer aussi bien que Ray Charles ou Art Tatum".
 
Drogue, sexualité dépravée, Dr. John finit par en avoir assez des frasques de Booker. Il lui donna deux semaines de salaire et Booker est retourné jouer dans les groupes de Joe Tex, Fat Domine et Marvin Gaye.
 
En 1970, passage par la case prison pour détention de drogue. Booker s'est fait arrêter pour possession d'héroïne et fut condamné à purger deux ans de peine à la prison d'Angola. Il à travaillé dans la bibliothèque de la prison et a développé un programme musical. Ses efforts ont payé puisqu'il a été libéré au bout de six mois seulement. Quand il est revenu à la Nouvelle Orléans, il s'est rendu compte que les choses n'allaient pas bien pour la scène musicale.
 
Après sa libération et en violant sa liberté conditionnelle (il ne pouvait quitter l'état de Louisianne), il passa quelques temps à New-York. Il a joué et enregistré comme musicien de session avec des artistes tels que Ringo Starr, Maria Muldaur et les Doobie Brother. Après deux années passées à New-york, il est parti à travers le pays, allant de Dovington à Los Angeles  en passant par Cincinnati. A Los Angeles, il a enregistré avec Charles Brown et T-Bone Walker
 
En 1973, il a joué avec un groupe de la Nouvelle Orléans. Cette session d'enregistrement ne sera exploitée que 24 ans plus tard, 14 ans après sa mort ("The lost Paramount Tapes").
 
Booker est revenu à la Nouvelle-Orléans, en 1975, une fois que les charges contre lui due à la violation de sa liberté conditionnelle furent levées.
 
Il joua un solo qui eut un gros succès lors du "Jazz and Heritage Festival". Cette représentation fut le tournant dans sa carrière.
 
Repéré par différents agents, il a été soudainement considéré comme le talentueux musicien qu'il était. Il commence à enseigner la musique à Harry Conninck Jr., jeune fils d'un politicien, en qui il voit un prodige.
 
En 1976, il enregistre l'album "Punto Partner" pour le label Island, album encensé par la critique qui s'émerveille devant la dextérité de Booker, capable de jouer tant du Chopin que de l'Earl King sans oublier, bien entendu,  ses propres compositions.
 
Par la suite, Booker fera de nombreuses tournées européennes vers la fin des années 70, sortant un nombre certain d'albums live qui sont considérés comme ses meilleures œuvres. Sa brillante performance lors du concours "Boogie Woogie and Ragtime Piano" à Zurich en 1977, a été immortalisée sur le CD "New Orleans Piano Wizards Live!".
 


    

A son retour au pays, Booker était un homme changé. Il arrête de se pavaner avec son cache sur l'œil et son état mental commence à décliner. Bien qu'il aille régulièrement le faire contrôler au Charity Hospital de la Nouvelle Orléans des problèmes comportementaux et une paranoïa font leur apparition.
 
Dans les années 80, ses prestations sur scène deviennent de plus en plus erratiques. De nombreuses rumeurs circulent, sur ses malaises sur scène, ses divagations en plein milieu d'un concert sur la CIA…
 
Néanmoins, quand Booker était capable de tenir un concert d'un bout à l'autre, il s'avérait être le meilleur musicien de la ville (comme en attestent les albums "Resurrection Of The Bayou Maharajah" and "Spiders On The Keys")
 
Mais, trop souvent, il refuserait de jouer, ou jouait faux. Il parait même qu'il lui arrivait de vomir sur son propre piano… Les foules ont commencé à disparaître.
 
En 1982, il enregistre ce qui sera son dernier album "Classified" pour le label Rounder Records. Ce projet paraissait voué à l'échec avant même d'avoir commencé. Une semaine avant le début des prises, Booker fait un malaise et est conduit au Charity Hospital. Son état semblant empirer, il est transféré au Southern Baptist Hospital où on lui a diagnostiqué des problèmes hépatiques graves dus à des années de toxicomanie et d'alcoolisme. Il sera miraculeusement remis sur pieds pour le premier jour des enregistrements, comme s'il n'avait jamais été malade de sa vie. Cet album, malgré quelques grands moments, n'est pas aussi brillant que ses œuvres précédentes. Deux jours après les sessions, Booker disparait. On ne le retrouvera que quelques jours plus tard, en prison. Il a été arrêté pour troubles sur la voie publique.
 
En 1983, il va visiblement mieux. Il décide de vivre une vie plus raisonnable, il trouve un boulot comme agent administratif à l'hôtel de ville. Mais il se remit rapidement à boire, malgré son foie malade, et finit par se faire renvoyer. Il donnait régulièrement des concerts, mais il les manquait de plus en plus. Lors de son dernier concert, le 31 octobre 1983, il n'y avait qu'une poignée de personnes dans le public. Le 7 novembre suivant, il devait se produire sur scène mais le concert n'eut finalement pas lieu.
 
Le 8 novembre de cette année, il est conduit d'urgence au Charity Hospital. Il décède d'un problème cardiaque et respiratoire alors qu'il était dans la salle d'attente des urgences. Le personnel ne s'apercevra de sa mort qu'une demi-heure plus tard. Il avait seulement quarante trois ans…
 
Hanté par des désordres de santé mentale et une lourde toxicomanie, la carrière prometteuse du pianiste le plus doué de Crescent City s'est terminée bien tristement et beaucoup trop tôt.
 

  


 

  

  
J'espère que ça vous a plu...

A bientôt pour une autre histoire... 
_________________
L'ennemi est bête : il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui !


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MessagePosté le: Dim 25 Oct - 10:33 (2009)    Sujet du message: Publicité

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